TPSB : LES MONTAGNES RUSSES

Challenge sportif de l’année pour certains, découverte pour d’autres, le trail du Petit Saint Bernard en aura fait voir de toutes les couleurs à cette bromance de têtes brûlées.


CHAPITRE 1

LE CASSE-TÊTE MONTAGNARD AVANT L’HEURE.


A quelques jours de la course, l’organisation est plus compliquée que prévue : 5 coureurs, 3 horaires et 3 lieux de départ différents.


Julien et Mamou sont inscrits sur le 40km en relais. 25km pour le premier avec 1050 D+, au départ du Col du Saint-Bernard et 15km avec 1300 D+ pour le second, au départ du Col de la Seigne.


Quant à Maxime, Cédric et Romain, engagés sur le format long de 60km avec 3500 D+, ils prendront le départ des Chapieux.


Malgré tous les plans prévus, l’organisation est laborieuse et suscite plein d'interrogations sans solutions à quelques jours du départ.

CHAPITRE 2

PETIT BINÔME PARTI TROP TÔT


La veille du départ, un des deux relayeurs annonce qu’il ne pourra malheureusement pas participer au weekend. Cela ne résout toujours pas la question de l’organisation sur place mais en soulève même une autre : que fait l’autre relayeur sans binôme ?


Prendre le départ du 40 km en solo jusqu’au bout, s’arrêter au 25e (fin du premier relais) sans savoir si quelqu’un pourra le ramener ou attendre sagement les copains qui font le 60km. Réponse plus tard.

CHAPITRE 3

MAN VS WILD


Asics, qui avait déjà accompagné des bromances à L’Ubaye Snowtrail, soutient une nouvelle bromance en les équipant des pieds à la tête. Les bros sont parés pour monter à 2500m d’altitude, sans se poser de questions de ce côté là. Ouf !

Arrivés sur place, les bros partent en repérage du côté des Chapieux (lieu de départ des 60km) histoire de tester les nouveaux jouets en conditions réelles et d’échanger quelques conseils.

Les casquettes bleues électriques font l'unanimité et certains découvrent les gants smartouch pour déverrouiller son téléphone en cas de selfie d’urgence

Tout est en place pour gravir le sommet du kiff.


CHAPITRE 40KM OU PAS ?


Julien relève le challenge des 40km avec 2500 D+ en solo. Finisher du half-ironman de Nice 3 semaines plus tôt, son objectif de départ était d’accompagner les potes sur leur course de l’année et de se faire plaisir sur une petite portion. Mais tant pis, si le foncier est là autant en profiter.


Alors que la bromance du 60km est déjà en course, il parvient à rejoindre le départ à l’Hospice du Saint Bernard grâce à un co-voiturage de participants hébergés dans le même hôtel. (Bisous Vincent et Louis)


8h, la course se lance mais les choses vont très vite tourner au vinaigre.

3eme KM. Le pied droit se coince dans un single track et la cheville vrille. Rien de cassé à première vue mais c’est bien touché.


S’en suit une escalade de 800 D+, en apparence sans problème, alternant marche et relance. La beauté du paysage aide à ne pas penser à la cheville.

19eme KM. Passage du col de Chavanes à la 31eme place.


Mais si jusqu’ici tout allait bien, le plus dur commence : à plus de 2500m d’altitude l’air se refroidit et le parcours devient très technique. Comme cette première partie sur un flanc de montagne enneigé histoire de se mettre dans l’ambiance.

Puis une plaine de rochers saillants, digne du Mordor du Seigneur des Anneaux, pour mettre une nouvelle fois la cheville à rude épreuve.


21eme KM. La descente du col signe le début de la fin.


L’appui sur la cheville est de plus en plus difficile. Le “boitillement” se transforme en sauts à cloche pieds, sous les yeux des coureurs, qui défilent les uns après les autres soufflant un petit mot réconfortant ou proposant de l’aide. Une des participantes offrent même ses bâtons en guise de béquilles. (Bisous Nathalie)


Le calvaire s’arrête au 25eme KM, porté en chaise par les bénévoles.


Direction les urgences qui diagnostiquent une belle entorse. Ce qui n’est rien pour ces risques inconsidérés qui auraient pu coûter beaucoup plus chers.


Résultat : pas de 40km mais un contrat de relais 1 dûment rempli. Il ne manquait plus que le deuxième relayeur pour boucler.


CHAPITRE 5

LE TRIO DE L'EXTRÊME


C’EST PARTI !


Cédric, Romain et Maxime engagés sur le 60km prennent le départ à 6h depuis les Chapieux.


Nuit noire mais météo plus clémente que prévue, le trio part prudemment et surveille le rythme. Inutile de se griller dès les premiers lacets.


Après 1h45 de course dont plus d’une heure avec les bâtons sur des chemins boueux, frontale vissée sur la tête, le soleil se lève au moment où le trio arrive au sommet du premier col. Le spectacle est aussi surprenant qu’incroyable.

Mais pas le temps de trainer, il ne faut surtout pas attraper froid.


C’est le moment choisit par Cédric pour mettre à profit ses entrainements intensifs de l’été et son expérience pour prendre le lead et partir comme une balle. Romain, qui s’est frotté au format 40KM l’année précédente, et Maxime, dont c’est la 1ère expérience en trail de haute-montagne, suivent le rythme.


Le parcours est roulant, les jambes sont légères, il faut foncer.

Tandis que le premier file comme le vent, les deux autres compagnons se relayent et s’encouragent à tour de rôle avant d’attaquer le col de la Forclaz : le premier gros mur.


Cédric prend de l’avance en suivant un père et son fils qui sont d’une facilité déconcertante, et se retourne de temps en temps pour voir les copains qui s’éloignent, et sans lunettes, difficile de savoir où ils sont exactement.


Il arrive au ravito de l’hospice du Petit St Bernard au 24ème kilo en 35ème position et pour un chrono de 3h28. Le tandem suit en 3h40 mais Romain accuse le coup et Maxime comprend qu’il va devoir soutenir son bro sur les prochains kms.


Peu importe le chrono, il faut se serrer les coudes.


ÇA PIQUE


Direction le col des Chavannes.


Cédric prend la confiance et tente de suivre les machines de guerre autour de lui. Le souffle devient court, et il lui est impossible de garder le rythme à cette altitude. Même constat pour Romain qui est pris de maux de tête. Les deux coureurs sont dans le mal sur une dizaine de kilomètres.


Le passage du côté de Bassa Serra est compliqué, car ça grimpe énormément jusqu’à 2500m d’altitude, mais tout le monde s’accroche. Maxime de son côté en a toujours sous la pédale et garde un œil sur Romain qui est dans le mal.

LA MONTAGNE, CETTE BELLE TRAITRESSE


Arrivé à la mer de glace, Cédric prend une telle claque en voyant ce décor lunaire qu’il oublie la fatigue. Même chose pour Romain qui, après avoir été au bord de l’abandon, et sous l’effet de Dolipranes, repart de plus belle.


Tout le contraire de Max, sur la réserve jusqu’ici, qui ne parvient pas à se réchauffer et perd toute son énergie en seulement quelques kms.


La partie la plus haute et surement la plus difficile arrive avec l’enchainement de 3 monts entre 2600 et 2800 d’altitude. Cédric continue de bourriner en priant pour que la prochaine descente arrive vite, Romain est clairement à la relance, alors que c’est l’enfer pour Max dont l’œil gauche se voile et se trouve dans l’obligation de s’arrêter pour reprendre ses esprits.

ÇA SE PRECISE


La descente arrive. Bien plus raide qu'une simple côte, c’est carrément un mur à pic.


Le trio se retrouve sur le cul à plusieurs reprises. Certains trailers dégringolent comme sur de mauvaises vidéos YT où les mecs courent après une meule de fromage. Mais pas de blessures pour le trio de bromance.


Puis arrive le dernier ravito du 44ème km sur lequel les bénévoles remontent le moral des zombies qui arrivent les uns après les autres. Les derniers kms ont laissé beaucoup de traces sur tous les trailers, même ceux qui semblent arriver en forme.


Il reste encore 16KMs dont 5-6 de plat qui permettent aux trois copains, chacun à son rythme, de reprendre des couleurs et relever la tête - ce n’est pas le moment de flancher. Tout le monde relance en mode vénère, malgré la demi-heure qui s’est creusée entre chaque coureur.


Sur les derniers kilomètres, ca grimpe de nouveau et la fatigue atteint son paroxysme.


Chacun se dit qu’il aurait du mieux se préparer à l’altitude et surtout étudier le parcours. Un check rapide sur les montres : Cédric pense à un sub 9, Romain un sub 10h30, Maxime n’a plus de batterie et donc aucune idée du temps qui passe…


CHACUN SA ROUTE, CHACUN SON CHRONO


Sur le chemin qui mène à l’hospice, les trois trailers vivent la fin de course de manière très différente.


Cédric parvient à relancer et même à envoyer sévère, Romain gère en gardant sa cadence parfaite, alors que Maxime ne peut plus courir et doit terminer en marchant après s’être perdu.


Le parcours les fait repasser devant le splendide lac en contre bas autour duquel les derniers supporters et bénévoles encouragent les prochains finishers.


Puis la délivrance, l’hospice est en vue !


Il faut tout donner et repenser à tous ces entrainements, des Buttes Chaumont à Barèges, en passant par bois plage, Montmartre et la forêt de Cedres à Lacoste.


Finalement Cédric termine en 9h39 et conforte son statut de killer, Romain en 10h17 dont les ressources n’ont rien à envier à Thevenard, et Maxime en 11h01 dont la première expérience en haute-montagne fut très compliquée.


Une chose est sûre, chacun est prêt à en découdre de nouveau en 2019.


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