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La CCC UTMB 2023

Après s'être frotté à la distance "ultra" lors du MIUT le vieux Maxime, qui a eu la chance d'être tiré au sort, s'attaque à la mythique CCC (Courmayeur / Champex / Chamonix) dont le format 100K / d+ 6000 représente la plus grande épreuve jamais courue. Retour d'expérience par le principal intéressé.


'C' COMME COVID

La prépa du plus gros challenge de ma vie de coureur a commencé par un bon gros fail sur le trail de Luchon début juillet avec un énorme coup de chaud synonyme de DNF. Les semaines qui suivent sont tout de même encourageantes, sans compter sur la nouvelle variante COVID qui vient foudroyer mon été et mettre à la rue tous mes plans. Je me présente donc à Chamonix diminué, l'ambition du chrono grandement revue à la baisse et une confiance proche du néant. Cependant, je reste motivé car j'ai la chance d'être accompagné par une Bromance de rêve dont ca sera la première assistance : Sylvain & Pierre.


'C' COMME CALVAIRE (jusqu'au 54ème)

Départ 9h pétante de Courmayeur, et c'est parti pour une 1ère étape de 9K / d+ 1400. C'est long, chiant, on fait la queue façon Disneyland dans l'ascension vers la "Tête de la tronche", impossible de mettre du rythme, j'aurai du partir aux avant postes du sas, mais j'ai préféré rester prudent, à tort. Arrivé là haut, je suis en pleine forme puisqu'on a pas vraiment avancé, et déroule vers le refuge de Bertone (13kms / d+ 1400) où je double 50 coureurs.

Le début des 'emmerdes' commence avec des maux de ventres qui s'intensifient au fur et à mesure que les kilomètres défilent. Je suis un habitué des douleurs intestinales donc ne me fait pas de soucis, cependant, suis contraint de m'arrêter deux fois pour me soulager avant 'Arnouvaz' (26kms / d+ 1850). Ca s'annonce compliqué avant l'ascension vers le 'Grand col Ferret' que je redoute car je suis nul quand il s'agit de grimper et ca se confirme encore une fois. Puis ca descend jusqu'à la Fouly où j'ai le plaisir de voir mes bros qui sont venus m'encourager, ca fait du bien. Mais je suis à nouveau contraint de m'arrêter de quelques minutes pour cause de transit en plein essor. Je porte ma croix jusqu'à 'Champex', mi-course (54kms / d+ 3300), où l'assistance de luxe va déterminer le sort de ma course.



'C' COMME COPAINS (jusqu'au 81ème)

Sylvain et Pierre me sortent du marasme dans lequel je suis embourbé (pourquoi je suis là? covid de merde, de toute façon je suis nul, il vaut mieux abandonner, gna gna gna). Une grosse pause s'impose, tant pis pour le chrono, les temps de passage et le classement. Réconfort, mots doux, photos, M&M's, Skyr, changement de tenue, les potes me font faire le plein de tout. Le mot amitié prend tout son sens ici puisque je repars boosté, le ventre un peu trop rempli, la confiance en hausse pour attaquer la 2ème partie de la course. Direction 'La Giète' (65kms / d+ 4100) que je rallie en ne perdant qu'une place au classement et en ne pensant qu'à une chose : retrouver mes potes pour un second round d'amour à Trient. La forme revient au galop, rythme soutenu pour reprendre 37 coureurs dans la descente de 5K. Deuxième pause assistance, à Trient (71kms / d+ 4200), au bout de 11h24 de course.

La nuit tombe, on sort la frontale, casquette à l'envers, M&M's, yaourts protéinés, direction Vallorcine dans un peu plus de 10K. Passage par les Tseppes avec un beau 600 de d+ en 4kms, je suis ravi... Puis on redescend vers le dernier point d'assistance où je parviens à reprendre 30 coureurs. Les jambes répondent bien, les soucis de digestion sont oubliés, jusqu'ici tout va bien. J'arrive donc à Vallorcine (82kms / d+ 5100) en 13h56, loin du temps de passage originel, mais aucune importance, il faut aller au bout peu importe le chrono. On change à nouveau de tenue pour être au sec afin d'affronter la dernière partie de la course qui s'annonce coton afin cette fameuse ascension vers la Flégère. Ces 30 derniers kms, je les dois à mes deux acolytes sans qui rien n'eut été possible.


'C' COMME CHAMONIX

Direction la Flégère donc ! L'ascension de 12kms pour 1000 de d+ est un enfer : nuit noire, je me fais doubler sans cesse, la fatigue pure et dure m'envahit, envie de dormir. Il faut s'accrocher, le plus dur est fait. Je pense à tous ces mots / messages d'encouragement et grimpe tant bien que mal pour enfin arriver au dernier sommet (92kms / d+ 6100). Sous la tente une dizaine de runners est à bout, les traits sont tirés, cette ascension a été dure pour tout le monde. Je m'arrête 20sec montre en main, le temps de remplir la moitié d'une gourde, prise de risque maximale, tant pis si ca casse.

Je donne ce qu'il me reste dans cette dernière descente, les frottements de l'entre jambes deviennent insupportables mais pas le temps d'y penser, il faut terminer, rattraper un max de monde et ca fonctionne car je gagne une vingtaine de place avant d'arriver enfin à Chamonix pour le dernier km de plat. Il faut terminer fort, au panache, façon Zach, donc j'accélère jusqu'à la fin où m'attend Pierre qui fait les 200 derniers mètres avec moi avant de tomber dans les bras de Sylvain. Ligne franchie en 17h46, 346ème sur un peu plus de 2000 partants.


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